Les Limbes d’Achéron

Blason / Symbol :

Un Bélier

Localisation :

La Baronnie d’Achéron

Dirigeant(s) :

Feyd Mantis

Divinité(s) :

Salaüel, le seigneur des Abysses. Bélial, prince des abysses et fils de Salaüel, Dhalilia, fille de Salaüel et reine-démon du vice.

Villes :

Achéron
Tar-Haez

Forteresses :

ToDo

Maisons et Factions :

Maison : Mantis
Maison : d’Hestia
Maison : Lazarian
Maison : de Brisis
Maison : de Sarlath
Maison : de Vanth
Maison : Tanit
Maison : Draghost
Maison : Savatri

Les Autarques

Atouts :

ToDo

Alliés :

Les Alchimiste de Dirz, Les Elfes Akkyshan, Les Keltois du clan des Drunes, l’Alliance Ophidienne, Les Nains de Mid-Nor et la Guilde des Usurier.

Description :

La baronnie d’Achéron est l’un des rares protagonistes à posséder une force militaire permanente et unifiée. L’emploi massif de combattants morts-vivants simplifie énormément la logistique : les cadavres animés peuvent être entassés dans n’importe quel endroit sans précaution particulière et ne réclament aucun approvisionnement. Cela a permis aux Achéroniens d’assembler des forces considérables, parmi les plus nombreuses qui aient jamais combattu sur Aarklash. La force militaire est divisée en deux parties. D’une part, les « compagnies intérieures » se chargent de la défense d’Achéron et lancent les offensives depuis le sol de la baronnie maudite. D’autre part, les compagnies pandemoniaques sont la force d’attaque n’ayant aucune fonction de défense. Feyd Mantis est le commandant suprême des forces armées achéroniennes et dirige l’une des compagnies intérieures. Chaque compagnie regroupe plusieurs dizaines de milliers de combattants, une force comparable à celle d’une nation dominante. Chaque Père ou Mère d’une Maison dirige une compagnie intérieure et ne répond qu’au Divin Baron. Les patriarches ou matriarches sont égaux entre eux, officiellement du moins. Dans les faits, les luttes d’influence permanentes permettent parfois à l’un d’entre eux de prendre un certain ascendant. Cependant, sous le règne d’acier de Feyd Mantis, chacun a appris qu’une influence excessive était vue comme une menace pour le pouvoir du baron. En général, les responsables n’ont pas l’occasion d’être menaçants très longtemps. Les maîtres des Maisons Obscures ont donc appris à éviter les positions trop avantageuses.

Artefacts :

Les Artefacts d’Achéron.

Background :

Unvers RagNarok.
Comment croire que le domaine d’Achéron fut autrefois l’une des Baronnies les plus prospères d’Alahan ? Comment les Lions ont-il pu laisser leurs propres frères ouvrir les sept portes de la damnation éternelle ? Les écrits les plus anciens permettent d’imaginer la scène d’une des plus grandes tragédies qu’ait connu Aarklash : celle de deux puissants qui se laissèrent corrompre parce qu’ils avaient soif du pouvoir des dieux et qui choisirent de devenir la Mort parce qu’ils en avaient peur. Ces ouvrages vénérables décriraient d’abord une époque : celle du règne de Michaellis d’Alahan. La Magie des Ténèbres et ses maléfices sont presque inconnus et la Lumière semble reléguée aux histoires d’Atrocités que les enfants écoutent avant de s’endormir. C’est l’Age d’Or…

Ils décriraient ensuite un lieu : la Baronnie d’Achéron. Le seul moyen d’y accéder est l’étroite passe de Kaïber. au sud de la chaîne du Behemoth. Malgré son isolement, le domaine est des plus généreux. Ses terres fertiles sont administrées par de puissants seigneurs issus des plus illustres lignées. Le plus grand d’entre eux est Feyd Mantis, le « Divin Baron », réputé pour sa sévérité autant que pour ses célébrations sulfureuses. L’académie de Magie d Achéron. dirigée par l’Arch-Mage Kaïan Draghost. est la plus réputée du continent. On murmure que Draghost convoiterait l’accès au domaine des Chroniqueurs…

Enfin, pour compléter la scène, ces livres inestimables décriraient une action. Feyd Mantis. élevé entre les fastes de Kallienne et les rigueurs de la guerre, n’a jamais pu suivre sa vocation de toujours : la prêtrise. De toute façon, il ne pourrait pas abandonner les plaisirs de la chair et de l’esprit… Kaïan Draghost. de son côté, est l’ambassadeur des Chroniqueurs auprès d’Alahan. Mais cela ne lui suffit pas : il ne veut pas être l’instrument du pouvoir, il veut être le pouvoir. Pour des raisons incompréhensibles, les Chroniqueurs refusent de le faire entrer dans leur cercle. La jalousie ronge le coeur de l’Arch-Mage… La fatalité les met alors sur la route l’un de l’autre. Ainsi naissent les Toges Noires, ordre secret de Magiciens et de nobles, entièrement dédié à l’exploration des formes de Magie méconnues. Kaïan Draghost y voit là un moyen d’agrandir encore sa puissance. Mantis y cherche un moyen d’atteindre la félicité en empruntant une route pavée de plaisir. L’un et l’autre pervertissent rapidement l’Ordre en explorant des voies interdites et en élevant des pratiques déviantes au rang d’art. Ils redécouvrent la Magie des Ténèbres et. dans leurs rêves impies d’immortalité, commencent à relever les morts. La Magie Hermétique corrompue est nommée Typhonisme et la Nécromancie apparaît dans le sillage Ténébreux de cette Voie infernale.

La suite est inéluctable : la Chimère, alertée du retour des Ténèbres sur la terre des mortels, dévoile la machination. Les forces de la Lumière s’apprêtent alors à envahir la Baronnie rebelle, mais il est trop tard : l’influente secte des Toges Noires la contrôle déjà et, après une purge sanglante au sein de ses rangs, se rebaptise Ordre du Bélier. Les armées des Principes se rencontrent dans la passe de Kaïber et engagent une effroyable bataille où trois dieux des Ténèbres, Salaüel, Dhalilia et Bélial, interviennent grâce à la volonté de Mantis et le pouvoir de Draghost. Les siècles ont passé. En ces sinistres nuits, la puissance d’Achéron ne cesse de grandir. Les dignitaires du Bélier sont presque tous des Liches. des seigneurs immortels commandant à d’innombrables légions damnées.La Baronnie Maudite a levé la bannière des Ténèbres. La bataille de Kaïber n’est toujours pas terminée. Pas plus que l’histoire de la Baronnie Maudite.


Le paysage d’Achéron n’est pas le cauchemar qu’on pourrait imaginer pour le pays des morts qui vivent. En dehors des salles de bal des Liches. nulle flamme infernale, nulle interminable procession sacrificielle. Il n’y a que le désespoir, la grisaille et le néant. La Baronnie Maudite est plongée dans une nuit surnaturelle qui n’est transformée en ciel d orage que lorsque Lahn est au zénith. La végétation est rare et rachitique, quand elle n’est pas dangereuse pour l’homme. Les arbres cristallisés par les Ténèbres ou calcinés par les fluides corrompus de la terre dressent leurs branches torturées comme une ultime supplique au ciel dévasté. Les verdoyantes forêts d’Achéron ont laissé place à des rangées de pals où gémissent encore les fantômes de ceux qui sont morts ici pour le plaisir des maîtres de ce domaine. Les animaux, quant à eux. ont appris à varier leur menu au point que la chaîne alimentaire ne s’articule plus qu’autour d’espèces omnivores et cannibales, créant un cycle où autrefois il y avait une pyramide. Contrairement à ce qu’on pourrait croire. Achéron n’est pas habitée que par des morts-vivants. Au contraire, ceux-ci forment une minorité au sein d’une population de serfs entièrement soumis aux désirs des seigneurs des Maisons. Les morts font d’excellents serviteurs, mais les vivants sont largement plus productifs… et bien plus divertissants ! Les Nécromanciens sortent parfois de leurs palais d’or et d’ivoire pour choisir un nouvel esclave ou un nouvel apprenti, ce qui correspond à peu près au même. Ces occasions sont le seul espoir d’une vie meilleure pour les malheureux habitants d’Achéron car les deux seules lois qui régnent là-bas sont celle du plus fort et l’obédience aux Ténèbres.

La Baronnie d’Achéron était autrefois le domaine de nombreuses familles aristocratiques regroupées en Maisons. Celles-ci avaient sans doute la réputation la plus terrible des protecteurs de la Lumière : leur isolement avait sans doute contribué à l’extrême intransigeance de ces nobles pour qui la guerre était un art où le plus fort avait le devoir d’écraser le vaincu. Nul doute que les Chevaliers de la Dixième Baronnie auraient apprécié la chaleureuse compagnie des Inquisiteurs de l’actuelle Akkylannie… La mort n’a rien changé, sauf peut-être la franchise des Patriarches des Maisons quant à leurs propres ambitions. Les intrigues des maîtres d’Achéron peuvent se dérouler sur plusieurs générations : en tant qu’immortels, ils ont l’éternité devant eux ! Seule une poignée de ces illustres familles a survécu aux luttes fratricides, à la purge des Toges Noires et au passage du temps. Beaucoup ont été assimilées, pour ne pas dire englouties, par des Maisons plus puissantes. D’autres ont été anéanties jusqu’au dernier de leurs représentants. Il va donc sans dire que les Maisons restantes sont des modèles d’organisation politique, militaire et sociale. Chacune d’entre elle possède son propre fief au sein de la Baronnie, bien que les frontières soient parfois contestées. Comme autrefois, le centre des opérations de chaque Maison est la citadelle familiale, à l’architecture à nulle autre pareille sur Aarklash. Ces constructions surprenantes, pas toujours édifiées à la surface de la terre, ont reçu le surnom de Griffes de la Terreur.


Chaque Maison d’Achéron dispose d’un Patriarche ou d’une Matriarche siégeant au Conseil de l’Ordre du Bélier. Le nombre et la puissance de leurs dignitaires sont très variables, allant d’un seul individu pour la Maison Draghost à plus de quatre-vingts pour la Maison de Brisis. sans compter les membres assimilés et leurs principaux serviteurs. Les plus puissants êtres divins ou élémentaires des Abysses se sont liés avec chacune des Maisons d’Achéron. ouvrant les portes de leurs Royaumes en échange de faveurs indescriptibles. Certains y furent contraints, d’autres apportèrent spontanément leur soutien, ne fût-ce que pour satisfaire leurs appétits aussi sombres que variés. Ainsi Hécate, démon du Feu Abyssal, semble indissociable de la Magie Calcinée de la Maison d’Hestia. Typhon en personne. Maître des Langages. Démon aux Cent Visages, a offert son patronage à la Maison Lazarian. Chaque Griffe de la Terreur dispose ainsi d’un Portail Elémentaire permanent menant droit à l’un des six Royaumes cardinaux des Abysses. Les deux exceptions sont la Maison Draghost. dont le Portail mène à Erebus. centre des Royaumes Abyssaux, et la Maison Mantis. Son Patriarche. Feyd. peut passer dans les Royaumes où et quand il le désire. Nulle autre entité n’est aussi honorée que peuvent l’être le Seigneur des Ténèbres, la Reine du Vice et le Prince des Abysses. Salaüel. Dhalilia et Bélial sont au coeur du panthéon Achéronien Les Nécromanciens et les Prêtres de leurs cultes n’hésitent pas à sacrifier des centaines de vies pour rendre grâce aux seuls dieux qui ont bravé puis abattu le mur du Temps. Si Salaüel s’exprime parfois à travers Feyd Mantis. la Nécromancienne Rhéa de Brisis est quant à elle régulièrement possédée par Dhalilia. Bélial. enfin, n’hésite pas à se joindre aux combats lorsque la moisson des âmes a été suffisante. L’apparence de Bélial change en fonction de son humeur et de ses objectifs, mais on peut toujours le reconnaître à ses attributs de pouvoir : les Cornes de Noirceur et Brûlure, une faux démesurée qui déchire lame aussi bien que le corps.

Les maîtres de la Baronnie Maudite entretiennent de lointains rapports avec les autres peuples. Peu d’individus sont capables de supporter leur aspect physique et la manière dont ils asservissent leurs esclaves même après la mort. Les seules relations diplomatiques régulières d’Achéron se font avec les Elfes Akkyshan et les Alchimistes de Dirz. Drunes et Nains de Mid-Nor ont également des contacts avec Achéron, mais de manière plus ponctuelle. Deux raisons majeures justifient le pacte de non-agression informel que partagent ces différents peuples avec Achéron. Premièrement, la seule véritable richesse dont dispose la Baronnie Maudite dans ses transactions reste les gemmes de Ténèbres : puisque les Nécromanciens ont accès aux Royaumes Obscurs, leurs abondantes réserves de gemmes de cet Elément semblent inépuisables. Les autres peuples des Ténèbres ont eux aussi accès à ces Royaumes, mais il s’avère parfois plus rapide et plus rentable de commercer directement avec Achéron que d équiper des expéditions risquées en direction de ces domaines hostiles.


Ensuite, le principal adversaire d’Achéron est l’Alliance de Lumière composée de leurs frères ennemis d’Alahan. des Griffons d’Akkylannie et des Dragons de Lanever. La forteresse de Kaïber se dresse comme un obstacle insurmontable entre Achéron et la conquête d’Aarklash. Alors, comme pourrait le dire le proverbe, l’ennemi de l’Alliance de Lumière est l’ami d’Achéron. Mais tout n’est pas si simple : les peuples des Ténèbres ont parfois du mal à mettre leurs propres ambitions de côté et n’ont pas l’abnégation de leurs adversaires. Achéron, en tant que grand symbole de fiel aux yeux de la Lumière, joue donc un rôle fédérateur dans le conflit qui oppose les Principes opposés. Mais les rapports entre les peuples des Ténèbres ne s’arrêtent pas là. En dehors du commerce de gemmes et de la coordination militaire. d’autres projets semblent unir les dirigeants d’Achéron, de Shamir et de Lithys. Jusqu’à présent, nul n’a réussi à percer le secret de ces relations secrètes… Avec ou sans l’appui de leurs alliés, se mesurer aux forces d’Achéron sur un champ de bataille revient souvent à affronter ses propres cauchemars. Beaucoup de guerriers n’y vont que contraints et forcés, ou motivés par la promesse d’une solde avantageuse. La mort ne fait pas grande distinction des origines, de la noblesse et encore moins du peuple : il est courant de voir des Wolfen. des Nains et même des Elfes rejoindre les rangs de leurs bourreaux sous la forme de zombies. On raconte même que les Ténèbres auraient ressuscité au moins une nation disparue : les illustres Centaures de Koldan. Les armées d’Achéron se déversent inlassablement sur leurs adversaires, comme des marées d’os et de chair putréfiée pliées à la volonté des Obscurs. Sans parler des invocateurs qui font appel à la toute-puissance des démons pour soumettre les rangs de la Lumière… Celui qui n’a pas vu un démon Moloch et sa cour d’Anges Morbides obscurcir la lumière du soleil de leurs ailes infernales ne peut pas comprendre qu’aucune armure ne protège de la peur. Il y a pourtant un mal bien pire que celui qui hante les champs de bataille. Un péril qui rôde là où les ombres paraissent inoffensives et qui s’insinue là où la pureté et l’intégrité semblent régner. Achéron sème parfois la semence des Ténèbres par l’intermédiaire de fraternités dissimulant d’épouvantables sectes, de bienfaiteurs corrompus ou en soumettant les innocents à la tentation. Chaque mortel a sa faiblesse, son prix, ses secrets… et bientôt viendra le temps des moissons.

Pandemonium
L’omniprésence des Ténèbres n’est pas la seule raison de la dévastation des terres de la Baronnie d’Achéron. Alors qu’il venait d’ouvrir le premier Portail des Ténèbres, Kaïan Draghost fut transporté dans un endroit qui ressemblait à un Royaume Inachevé. Le ciel se mêlait à la terre et partout des montagnes, des collines et des plaines flottaient au dessus du vide. Il était sur un des ilôts qui marquent les frontières de la Création, là où les Ténèbres furent autrefois bannies par la Lumière. Le seul résident de cet endroit habitait une citadelle perchée en haut d’une falaise jouxtant le Néant. Aker. tel était son nom. mena Draghost aux six portes des Royaumes Ténébreux et lui permit de les ouvrir, car seule une main mortelle pouvait le faire. Ce Royaume d’exil était Erebus, le centre des domaines Obscurs. Au fil du temps. Achéron a exploité les ressources de son sol pour ériger une cité à Erebus. Celle-ci fut baptisée Pandémonium, du nom de la citadelle du démon Aker. Edifiée sur près de trois siècles par les mains des esclaves et la puissante Magie de Typhon. Pandémonium est actuellement en passe de surpasser Kallienne en taille et en population, mortelle ou immortelle. Et son expansion ne fait que commencer… Chaque Maison d’Achéron trouve la réplique exacte de sa citadelle sur Erebus. D’étranges êtres extérieurs et d’effroyables nefs célestes traversent le Néant pour relier les ilôts entre eux. Les lois de la Magie n’étant pas les mêmes que sur Aarklash. de nombreux Portails s’ouvrent dans les luxueux palais des maîtres et leur donnent accès à la plupart des Royaumes Elémentaires. Aucun autre peuple d’Aarklash ne semble connaître l’existence de Pandémonium. La nuit, viendra où les Nécromanciens emprunteront les Portails du Monde Mort pour surprendre leurs ennemis. Alors nulle forteresse ne saura retenir le flot de Ténèbres et Aarklash ne sera que le premier pas vers la conquête de la Création…

Cry Havoc Nr.2 Page 74.
La sécession de la baronnie d’achéron, en 675, engendra une série d’événements sans précédent. Elle est la conséquence d’une trahison orchestrée par des magiciens avides de puissance, les toges noires, qui cherchaient à s’élever au rang de divinités. leur rêve plongea achéron dans les ténèbres et la cendre, et aarklash dans le rag’narok. les seigneurs de la baronnie des obscurs et leurs maisons rythment désormais l’âge des ténèbres.

Les Toges noires étaient dirigées par le gouverneur d’Achéron, le baron Feyd Mantis, et Kaïan Draghost, doyen de l’une des plus prestigieuses académies de magie d’Aarklash. Parmi les autres personnalités de cette conjuration se trouvaient les membres des plus éminentes familles de la baronnie. Après la bataille de Kaïber, les Toges noires devinrent les seigneurs d’Achéron. Ils fondèrent l’ordre du Bélier.

Les Maison Obscurre

Lors de la sécession, les puissantes familles d’Achéron se partagèrent en deux camps : celles qui restèrent fidèles au royaume du Lion et les renégates. Comme les principaux artisans du pouvoir étaient depuis quelques années sous la coupe des Toges noires, les traîtres n’eurent aucune peine à écraser les fidèles à la couronne. Les Maisons félonnes furent dès lors désignées sous le nom de Maisons obscures. De ces Maisons, seules quatre ont survécu : Mantis, de Brisis, d’Hestia et de Vanth. Bien que leurs fondateurs eussent fait partie des Toges noires, les Maisons de Sarlath, Lazarian et Tanit ne se développèrent réellement qu’après la sécession de leur baronnie. La plupart des Maisons obscures ne sont pas constituées d’une unique famille. Elles ont absorbé des Maisons moins puissantes au fil des mariages et des intrigues. La descendance d’une Maison dominante forme une dynastie, et ses représentants sont des dynastes. Les Maisons soumises sont appelées lignées, et leurs représentants sont des liges. Au sein de la Maison Mantis, par exemple, Nimrod Mantis est un dynaste et Sophet Drahas est un lige. Dans l’ordre du Bélier, les dynastes jouissent d’un plus grand statut que les liges. Le dynaste qui possède le plus haut rang est nommé Père, ou Mère, par l’ensemble de sa famille. Il représente sa Maison au sein du Cercle éternel, l’autorité suprême de l’ordre du Bélier. Pour cette raison, les patriarches et matriarches des Maisons obscures sont également surnommés les « éternels ». Les Maisons obscures disposent toutes d’un lieu de rassemblement, vestige de leur famille ou construit dans les décennies qui ont suivi la révolte. Ces places-fortes sont communément appelées Griffes de la terreur, car elles sont le symbole de l’emprise du Bélier sur Achéron.

Les Autarques
Près d’un quart de l’effectif de l’ordre du Bélier est constitué d’autarques, des individus qui ne sont liés à aucune Maison. Parmi eux se trouvent, entre autres, des nécromanciens indépendants, des représentants d’autres peuples rattachés à l’ordre de manière honorifique, ou de jeunes « prodiges » des arts interdits qui n’ont pas encore trouvé de protecteur au sein des Maisons obscures et qui désirent former leurs lignées. Individuellement, les autarques n’ont aucune influence politique. Ils sont représentés aux assemblées de l’ordre par la Maison de Brisis.

L’Ordre du Belier
Les héritiers des Toges noires sont regroupés au sein de l’ordre du Bélier, une puissante organisation de magiciens, de fidèles et de seigneurs de guerre. Cette assemblée est dirigé par le Cercle des éternels, l’assemblée des Pères des Maisons obscures, sous l’autorité suprême du baron Feyd Mantis.

Un Règne sans Partage
L’ordre du Bélier est le reflet corrompu de celui de la Chimère, en Alahan. Il partage de nombreux points communs avec ce dernier, notamment son organisation interne et les distinctions honorifiques accordées à ses dignitaires. Les différences n’en sont pas moins marquées. L’ordre du Bélier est l’unique forme de gouvernement en Achéron et règne sans partage, tel un fossoyeur sur les tombes de son cimetière. Les enjeux sont également différents, quand ils ne sont pas diamétralement opposés. Les fidèles du Bélier ont renié les divinités du firmament pour prétendre aux pouvoirs offerts par les souverains des enfers – Salaüel, Bélial, Dhalilia et leurs légions de serviteurs démoniaques. Les seigneurs de guerre d’Achéron rêvent de conquérir la Création ; s’ils n’y parviennent pas, ils la consumeront. Les magiciens profanent chaque jour le cycle de la vie en ayant recours à la nécromancie. Ils ont perverti la magie hermétique de la Chimère et se sont tournés vers la sinistre magie de Typhon, le typhonisme.

Les Voies du Pouvoir
L’influence, au sein de l’ordre, se mesure selon trois critères.
• Le sang, car appartenir à la lignée d’une Maison obscure est un don qui ouvre bien des portes.
• Le pouvoir personnel. S’attirer le courroux d’un puissant n’est jamais bon dans une baronnie où tuer son prochain est un acte banal. • L’âge joue un rôle subtil et essentiel. Les seigneurs morts-vivants, les liches, disposent de l’éternité pour renforcer leur réseau d’influence. Leurs manigances peuvent s’échafauder sur des durées bien supérieures à celle de la vie d’un homme.


La Cathédrale de Salaüel
La cathédrale de Salaüel, qui jouxte les ruines de l’ancienne forteresse baronniale, est le lieu où se déroulent les célébrations religieuses majeures et les assemblées qui réunissent tous les membres de l’ordre du Bélier, du simple disciple à Feyd Mantis en personne. Ce lieu dédié à la vénération du Mal, gardé par le redoutable Coryphée et le choeur des questeurs d’Achéron, est si vaste que la cathédrale d’Arcavia pourrait amplement tenir dans sa nef. Les Pères s’y rassemblent, en comité restreint ou au complet, pour prendre les décisions qui régissent la sanglante destinée de leur domaine. Chacun d’entre eux prend alors place sur le trône dédié à sa Maison. Le Cercle éternel invite parfois des intervenants extérieurs à l’ordre du Bélier à ses réunions . Membres honorifiques, émissaires des autres peuples et puissantes entités infernales ont tour à tour siégé aux côtés des maîtres de la baronnie maudite.

Les Trônes des Éternels
Les trônes des éternels, glorieux symboles des Maisons qu’ils représentent, rivalisent de beauté morbide et de magnificence. Placés à des hauteurs vertigineuses, ils dominent la nef, le transept et le choeur. Les trônes des éternels sont placés au coeur d’un écheveau magique d’une complexité inouïe. Rassemblés, les Pères s’en servent parfois pour lancer des rituels dont les effets se font ressentir bien audelà des frontières d’Achéron. Les espions des autres nations d’Aarklash peinent à deviner le potentiel réel de ce mystérieux cercle de pouvoir. Le simple fait qu’il soit capable d’ouvrir de puissants Portails élémentaires partout à travers la Création est sujet à de nombreuses préoccupations. Seule la cité franche de Cadwallon semble épargnée. Il y a neuf trônes des éternels, pour seulement huit Maisons souveraines: l’un d’entre eux, le Trône des mirages, accueillait autrefois le patriarche Certaris Savatri. Une terrible cabale fut déclarée à l’encontre de sa Maison pour des motifs incertains. Depuis l’élimination de Certaris par Kaïan Draghost, le Trône des mirages est occupé par Sariel le Déchu, un ange rebelle, le confesseur de Feyd Mantis. Kaïan Draghost, quant à lui, a récupéré le sceau du Royaume infernal de Ghandar, domaine des Savatri.

Le Rituel dÉternité
Les émissaires des nations des Ténèbres ont récemment fait part d’une agitation inhabituelle autour de la cathédrale de Salaüel et des trônes des éternels. Les premiers rapports signalent que les Pères éternels se sont enfin mis d’accord pour remplacer Certaris Savatri sur le Trône des mirages. Une nouvelle Maison sera créée, et son patriarche recevra le Sceau de Gandhar, la clé du domaine des illusions. Le succès inattendu de la jeune Irin à la succession de la Maison de Vanth ne finit pas d’exciter les convoitises et les intrigues sont plus que jamais nombreuses dans la baronnie maudite. Des informations plus récentes font état de la disparition de Sariel. L’ange déchu d’Achéron, appuyé par une mystérieuse coalition entre deux, voire trois Maisons, se serait échappé en se frayant un passage à travers la forteresse de Kaïber, bastion de la Lumière. On prétend même qu’il aurait affronté Kyllion le Paladin, seigneur de la forteresse, et que ce dernier lui aurait accordé le droit de passer après avoir échangé quelques paroles avec lui. Nul ne sait exactement ce que Sariel a pu dire à Kyllion pour que ce dernier baisse son arme et lui ouvre la route d’Aarklash. Certains murmurent pourtant une chose : le rituel d’éternité.

Livre d’Armée du Bélier
La baronnie d’Achéron fait remonter ses origines aux premiers rois d’Alahan et certains de ses Pères sont plus anciens encore. La véritable naissance de la nation d’Achéron eut cependant lieu en 675, lorsque le royaume d’Alahan se ligua contre elle afin de l’anéantir. La plus horrible des guerres, qui n’a pas cessé depuis, donna le jour à ce nouvel état. En 666, le doyen de l’académie d’Achéron, Kaïan Draghost, fonda l’ordre de Toges Noires après son désaveu par les Chroniqueurs, l’assemblée des plus puissants magiciens d’Aarklash. Il dédia cette nouvelle société secrète à l’étude des plus sombres arcanes de la magie. Deux ans plus tard, en 668, le « Divin baron » Feyd Mantis rejoignit les Toges Noires et en prit la tête avec Kaïan Draghost. Leur objectif était l’immortalité : Draghost voulait le pouvoir et Mantis craignait la mort. Les deux maîtres de l’ordre entamèrent alors une campagne de recrutement dans tout le pays. Ils tissèrent une toile dense de disciples dans le royaume d’Alahan et au-delà, recrutant des membres dont les hauts faits devaient résonner à travers les siècles : ainsi, un certain Dirz entama au sein de l’ordre de fructueuses recherches sur les gemmes de Ténèbres. Au cours de cette période, les Toges Noires firent de nombreux voyages et acquirent des connaissances extraordinaires, découvrant les premiers secrets de la nécromancie. La Maison Vanth s’illustra ainsi par une cartographie exhaustive et audacieuse des royaumes infernaux. En 670, lors d’un de ces périples, Kaïan Draghost et son plus fidèle disciple, Armariel de Brisis, découvrirent les restes de puissantes créatures, des immortels déchus, dont les corps fournirent de prodigieuses réserves de gemmes de Ténèbres. Ils recueillirent et soignèrent l’un de ces immortels qui avait survécu, Sariel. À cette occasion, l’ange déchu rejoignit les Toges Noires et mêla son essence à celle d’Armariel, avec de funestes conséquences… Les disciples de la secte se livrèrent aux pratiques les plus impies, en quête de pouvoir et d’immortalité. En 671, leurs recherches étaient allées aussi loin qu’il était possible avec les moyens limités de simples mortels. Pour poursuivre leur quête, les maîtres des Toges Noires annoncèrent qu’il était nécessaire de conclure des pactes avec les puissances des Ténèbres ellesmêmes. Devant cette perspective, de nombreux conjurateurs décidèrent de quitter l’organisation, de peur de perdre le peu d’âme qui leur restait.

Un an plus tard, en 672, ces lâches et ces traîtres furent réunis pour célébrer l’anniversaire de Feyd Mantis, lors d’une ultime orgie. Ce dernier, assisté de Kaïan Draghost et de ses fidèles, les tua tous. Leur massacre fut dédié à l’ouverture d’un des tout premiers portails vers les Abysses. Le baron et le magicien s’y engouffrèrent, seuls. Les érudits savent peu de choses de ce voyage initiatique. Les deux voyageurs en rapportèrent des connaissances impies et leurs âmes furent tellement souillées qu’ils durent feindre leur mort : leur corps déformés par les expériences qu’ils vécurent dans les Abysses était trop marqués pour les autoriser à paraître en public. Armariel de Brisis, un fidèle parmi les fidèles de Feyd Mantis, feignit d’être un loyal serviteur de la couronne. Il devint, officiellement, le nouveau baron d’Achéron. La secte des Toges Noires, purgées de ses membres les plus faibles, fut rebaptisée Ordre du Bélier et tissa patiemment une nouvelle toile d’intrigue et de pouvoir… Jusqu’au jour fatidique où le baron Armariel de Brisis fut démasqué par la Chimère elle-même, en 675. Investi d’une partie de l’essence de Sariel, l’immortel déchu qu’il avait découvert longtemps auparavant, le nouveau baron avait attiré l’attention de la prodigieuse créature. Tous ses sortilèges ne purent dissimuler son esprit déformé par une inextinguible soif de pouvoir et de connaissance. La Chimère sonda cet abîme de dépravation et, faute de pouvoir elle-même rendre justice, dénonça les pratiques nécromantiques de l’Ordre du Bélier à l’ensemble du royaume. Le Roi Michaellis somma les membres de l’Ordre de se rendre à Kalienne pour y être jugés tandis que de nombreux mages ténébreux étaient victimes de la vindicte populaire. Pour toute réponse, la baronnie d’Achéron envoya une immense armée de morts-vivants pour prendre la passe de Kaïber. Ce fut la première bataille de Kaïber. Le sort des armes ne fut favorable ni aux achéroniens, qui ne parvinrent pas à percer, ni à l’Alliance de Lumière qui ne put que tenir la passe.

C’est après cette bataille qu’Achéron acquit ses frontières définitives. La venue du Seigneur des Ténèbres, Salaüel, de sa fille Dhalilia, la reine du vice et de son héraut, Bélial le prince des Ténèbres réclama l’ouverture d’un gigantesque portail. Le passage des trois immortels ancra définitivement le portail sur Aarklash et empêcha qu’il se referme. L’ouverture se mit à vomir une nuée ténébreuse sans fin, au point que le ciel d’Achéron en fut définitivement noirci. Désormais, le soleil de midi est à peine discernable dans le ciel. Les forces de la Lumière purent à peine contenir les assauts achéroniens, fixant la frontière du nouvel état et se condamnant aussi à une éternelle vigilance. À la moindre défaillance, les armées des morts, qui ne dorment ni ne mangent, pouvaient désormais franchir la forteresse de la passe de Kaïber. Par la suite, contenus derrière l’imprenable forteresse de Kaïber, les Achéroniens n’eurent guère l’occasion d’utiliser leurs légions de morts-vivants. La dernière grande bataille menée par une telle armée lors de l’âge d’Acier eut lieu en 832, lorsqu’une force achéronienne tenta d’envahir les ruines de Cadwallon. La bataille du mur de la Terre se solda par une cuisante défaite. Cet épisode permit néanmoins d’installer durablement la présence d’Achéron au nord de Lanever et ses environs. Quelques héros s’illustrèrent ici ou là, quelques forces restreintes parvinrent à passer les montagnes en employant les interminables souterrains qui courent sous les montagnes du Béhémoth, mais cela resta une exception. L’ère des autarques, ces jeunes prodiges en quête de reconnaissance, de pouvoir et de protection, débutait.

L’année 999 marqua la fin de l’ère des autarques, cette période vit la montée en puissance d’individus jusque-là secondaires parfois inféodés à un Père d’Achéron mais le plus souvent indépendants : des nécromanciens ou des guerriers sans famille, qui aspiraient à rejoindre l’une des Maisons obscures ou à former la leur. Leur audace et leur soif de reconnaissance les menèrent à intervenir partout sur Aarklash, frappant avec célérité, utilisant toutes les ressources que la cupidité et l’aveuglement des hommes pouvaient leur offrir. Les plus célèbres autarques de cette époque furent sans doute la Gorgone et Llyr; parmi les liges récemment admis qui marquèrent aussi cette ère de leur empreinte, Azaël l’Infidèle s’illustra en abattant l’une des plus puissantes, des plus anciennes et des plus prestigieuses meutes wolfens : la meute du Trône des Étoiles. C’est en 999, accompagné de son fidèle protecteur, le guerrier Crâne Melmoth, qu’Azaël accomplit cet exploit. Après avoir conclu une alliance avec des possédés des Gouffres, elle lança ses forces à l’assaut du cercle de pierre du Trône des Étoiles, profitant des effectifs réduits de la meute après une bataille contre les disciples de Vile-Tis. L’armée des Ténèbres fit un affreux carnage parmi les Wolfens qui gardaient l’endroit et pilla leurs tumulus sacrés.

En 999 toujours, une nécromancienne d’origine inconnue apporta une nouvelle victoire à la baronnie maudite. La Gorgone, un monstre mort-vivant, rejoignit les rangs des forces des Ténèbres, sans révéler d’allégeance particulière à l’une ou l’autre des Maisons obscures. Elle parvint à pousser les forces du Lion à détruire l’île de Tycho. Son but était de libérer un être d’une puissance insondable, une Atrocité. La Gorgone était en fait une émanation d’Araxe, une autre atrocité, incarnée lors de son combat contre Méliador. La défaite qui sonna la fin de cet âge aussi court que violent intervint lors de l’échec d’une tentative d’incursion dans les montagnes du Béhémoth. C’est à la suite de ce revers que Feyd Mantis annonça officiellement que l’année 999, année miroir de celle qui vit la naissance des Toges Noires, 666, serait la fin de l’ère des autarques, une ère qui prenait donc fin avec la première défaite d’un autarque. Ce caprice du Divin Baron passa pour une nouvelle lubie d’un être dévoré par la folie. Pourtant, les lecteurs attentifs du Codex de Salaüel comprirent que cette décision était dictée par une connaissance sans faille des prophéties : Feyd Mantis scellait sans doute le sort d’Aarklash en précipitant l’avènement de la fin des temps.

An 1001, forteresse de Kaïber (baronnie de Daneran) Un puissant nécromancien, la liche Sorokin de Vanth, est introduit dans la place forte sous les traits du fils cadet de Kirô, le Cynwäll qui commande la forteresse de Kaïber. Au jour dit, il est réveillé par Cyraelle la Blafarde. Prenant le contrôle de Kirô, elle le force à briser les sceaux qui protègent le sommeil des dragons morts pour défendre Kaïber. Un océan de morts déchaînés lance un assaut démesuré, guidé par les plus puissants champions du Bélier : le Grand Crâne, Melmoth, Rhéa de Brisis et même Feyd Mantis en personne. Les premières défenses de la forteresse sont balayées. La retraite devient une débandade, alors que les derniers carrés des défenseurs tentent de contenir l’avance victorieuse de l’armée d’Achéron. Accrochées aux ponts qui franchissent la faille qui déchire la passe de Kaïber, les forces de la Lumière parviennent malgré tout à contenir un temps l’host des morts. Voyant qu’il risque de perdre une large part de ses forces et surtout les précieux dragons nécroanimés, l’état-major achéronien décide de faire retraite,
laissant derrière lui une forteresse en ruines.


Sous l’apparente défaite militaire, ou du moins ce succès en demi-teinte, les pères des Maisons obscures mettaient en branle un projet d’une portée sans précédent : le rituel d’éternité. Feyd Mantis et Kaïan Draghost entrevirent dans le Rag’Narok l’occasion de réaliser un rituel si puissant qu’il ne pouvait réussir que dans ces conditions exceptionnelles. Les dieux ont disparu d’Aarklash depuis que le temps a commencé. Pour les maîtres de la baronnie maudite, qui surent s’en affranchir afin de s’épargner les dangers de l’âge, cette situation ne pouvait durer. L’hémorragie du temps devait être stoppée. Le retour des dieux devait être planifié et organisé afi n que les véritables maîtres des Ténèbres, la trinité des Abysses, puissent revenir sur Aarklash. Ce plan ne faisait pourtant pas l’unanimité. La Maison Tanit, ne voyait pas où était l’intérêt pour les Pères des Maisons obscures de faire revenir les dieux, ce qui ne pouvait qu’affaiblir leur puissance. Elle alla jusqu’à poser la question aux maîtres de la baronnie : pourquoi faire revenir les dieux ? Le Divin Baron fit la répartie suivante : « parce que nous en avons le pouvoir. Parce que le pouvoir doit être exercé. » Cette réponse suffit, apparemment, pour satisfaire la matriarche et grande bibliothécaire Selith Tanit. Le plus farouche opposant au rituel d’éternité fut cependant Sariel l’ange déchu. Malgré toutes les bontés qu’avait eu le Divin Baron pour lui, il lutta farouchement contre la mise en place des éléments nécessaires à ce grand plan. Malheureusement pour lui, sa relative discrétion ne lui avait pas permis d’acquérir une influence suffisante pour contrarier la volonté de Feyd Mantis. Au moins deux Maisons obscures, les Lazarian et les Tanit, lui accordèrent leur aide dans un premier temps. Lorsque la Maison Tanit se rallia à Feyd Mantis, cette fragile coalition s’effondra. Le lendemain matin, le trône de Sariel était déserté et la rumeur faisait état d’un affrontement entre l’ange déchu et Kyllion le Paladin, à la passe de Kaïber. Cet affrontement aurait tourné court après quelques explications de Sariel : à la surprise générale, le paladin avait laissé passer son adversaire.

Le rituel se mit donc lentement en place. D’une inimaginable portée, il devait réunir les fidèles et les magiciens d’Achéron dans des cérémonies d’une incroyable puissance. Ces cérémonies réclameraient le sacrifice d’innombrables vies, sans doute plus que n’en contient toute la baronnie maudite. Le plan du Divin Baron est d’employer celles qui seront fauchées dans le Rag’narok afin d’alimenter le monstrueux rituel. Feyd Mantis veut être l’artisan d’une victoire que nul ne pourra jamais oublier. Non seulement la baronnie maudite vaincra dans le Rag’narok, mais en plus elle brisera le cycle des ères sur Aarklash afin de ne pas être détruite, comme c’est toujours le cas, à la fin d’une ère de batailles. Le temps arrêté, cette ère ne connaîtra pas de fin ! À ceux qui parlent d’un projet dément et impossible, Mantis répond qu’il leur offre le seul espoir de survie et décrit les dévastations que toutes les civilisations des cycles précédents connurent. Aucun vainqueur ne survécut assez longtemps pour savourer sa victoire. Achéron, maîtresse de la mort, entend bien y réussir.

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